Aspects de la faïence
dans l'antiquité

 




Il existe deux grands types de pâtes : la pâte argileuse et la pâte siliceuse.
La
pâte argileuseest constituée en majeure partie d'argile avec un dégraissant : sable, Chaux, chamotte (argile cuite pilée), voire paille pour les céramiques très communes. Il s'agit d'une pâte souvent facile à travailler, qui constitue la plupart des céramiques jusqu'aux XIIème et XIIIème siècles, et sert ensuite pour les céramiques communes. La pâte siliceuse au contraire contient au moins 80 % de silice, les 20 % restant se composant d'argile et de dégraissants. Cette pâte très blanche est également extrêmement difficile à travailler en raison de sa dureté.
Les terres cuites égyptiennes proviennent des fouilles opérées dans les nécropoles, et on les trouve constamment avec les plus précieux travaux de verrerie, d'émail et de bijouterie; il faut, dès lors, reconnaître qu'elles occupaient un rang important dans l'estime des hautes classes de la société. Du moins, la poterie fine, composée de 92% de silice, et dont la pâte est pure, serrée, dense et apte à conserver les plus fins reliefs, les empreintes les plus délicates. Elle est le plus souvent recouverte d'une glaçure mince, colorée par des oxydes de cuivre bleu céleste ou vert tendre; quelquefois la pâte est teinte elle-même, mais le plus souvent elle est blanche. Cette poterie tient le milieu entre la porcelaine et les grès cérames, et résiste, sans se fondre, à la température du four à porcelaine dure, la plus élevée de toutes.
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Exemples caractéristiques de ce "bleu azur"

 

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1 et 2. Hippopotame du Nil du Moyen Empire - XIIème et XIIIème dynasties, vers 1850 - 1700 avant JC
3. Hippopotame en fluorescencedes  XIIème et XIIIème dynasties.  1950 - 1650 avant JC
4. Coupe décorée de poissons du Nildu Nouvel Empire (XVIIIème dynastie), vers 1600 - 1500 avant JC
5. Coupe au poisson du Nil. Nouvel Empire, XVIIIème dynastie, vers 1600 - 1500 av. JC

 

Hippopotame du fleuve

L'ambassadeur de choix de ce bleu azur est la figurine d'hippopotame, dont l'environnement aquatiques est reporté sur le corps (1 et 2 ci-dessus).

Il représente la déesse Thouéris (en hiéroglyphe = Ta Ouret = La Grande), patronne des femmes enceintes. Elle a été adorée particulièrement à Thèbes, et elle a jouit d'une grande popularité sous le Nouvel Empire.

Il s'agit d'une déesse égyptienne sous forme d'hippopotame femelle pleine (donc le ventre est en avant et les seins sont alourdis comme c'est le cas chez les femmes enceintes), elle est dressée sur ses pattes arrière qui sont celles de lion ; sa queue est celle de crocodile.
En analysant certaines de ses représentations, on constate qu'il s'agit le plus souvent, d'une femelle hippopotame, à tronc d'une femme enceinte et portant sur sont dos la carcasse d'un crocodile.

Elle s'appuie, dans certaines présentations, sur un ou deux nœuds magiques, (une natte de papyrus enroulée, ansée et ficelé), c'est le symbole de la protection. Parfois, on la voit s'appuyer sur la croix de la vie "Ankh", symbole de la divinité.

Certains la voit comme une chimère composée dans sa partie inférieure du corps de crocodile et de pattes de lion ; le tronc (ventre, poitrine, seins, épaules) et les membres supérieurs sont des organes humains, et enfin, la tête est celle d'un hippopotame avec une bouche possédant des dents d'hippopotame ou de crocodile.
Parfois, on la représente sous la forme d'un hippopotame à tête de femme ou à tête de lion ou à tête de crocodile, ou tout simplement un hippopotame sur ses quatre pattes.

Dans certaines représentations de la déesse Thouéris, on la représente coiffées de la couronne hathorique, il s'agit d'une perruque surmontée de cornes de vache et d'un disque solaire (comme c'est le cas dans certaines représentations de la déesse à tête de vache Hathor, et la déesse Isis).

Son rôle principal est de protéger les femmes enceintes, les assister pendant l'accouchement et les suivre durant l'allaitement.. Elle est comme le dieu Bès, une divinité familiale, protectrice du foyer en protégeant les femmes et les enfants ; elle conserve la fécondité des femmes, garantit le bon déroulement de leurs grossesses, leurs accouchements et l'allaitement de leurs enfants. Les femmes devaient porter une amulette à l'effigie de Thouéris , et de posséder une figurine de la déesse dans leur foyer pour qu'elles soient protégées en permanence par cette déesse. Les parturientes (les femmes en couches), pour faciliter le travail, elles devaient réciter des formules magiques et invoquer la déesse Thouéris et le dieu Bès.

 

 


L’oxyde de cuivre est à la source de toute une gamme de glaçures allant du bleu vif au bleu-vert. Si l’on observe bien les productions égyptiennes anciennes, comme les hippopotames, on réalise que le ton de bleu «azur», étroitement associé aux faïences de l‘Antiquité pharaonique, se démarque des références naturelles que sont le bleu turquoise et le bleu lapis-lazuli. Les Égyptiens ont apprécié outre le «bleu égyptien», un produit de synthèse qui servit de pigment aux peintres, ainsi que le bleu au cobalt, un bleu qui penche du côté de l’indigo
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On trouve, en fait, dans la riche collection que possède le musée du Louvre, des pièces à glaçure blanche, rehaussées de dessins incrustés ou peints en noir, bleu, violet foncé, vert et même rouge; le vert et le bleu de cuivre s'associent au bleu de cobalt, au noir, au brun, au violet de manganèse, au blanc et au jaune.

 On rencontre des pièces où les tons divers occupent des espaces très restreints et tranchent vivement l'un sur l'autre; une figurine bleue a le visage coloré en jaune doré; des bracelets bleu foncé portent sur leur surface des hiéroglyphes réservés en bleu céleste, ou réciproquement; quelquefois l'objet à décorer a été gravé, puis un émail vif a rempli les cavités pour venir araser la surface ou la dépasser légèrement. 

Quant aux formes des vases proprement dits, elles sont essentiellement recherchées; ce sont de gracieuses ampoules, clés fioles lenticulaires à cartouches royaux, des boîtes cruciformes ornées de lotus, des lampes, des coupes, des bouteilles oviformes à long col; si nous devions en croire les peintures des hypogées, bien d'autres formes, aussi compliquées qu'élégantes, se seraient montrées à certaines époques et l'emploi des vases aurait été aussi multiplié dans la vie civile que dans la vie religieuse.



Exemples caractéristiques de faïences multicolores

 

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5. Flacon blanc de la XVIIIème dynastie
6. vase
7. Jarre en verre blanc décoloré

8. Petite jarre  à anses en verre du Nouvel Empire, fin de la XVIIIème dynastie, vers 1400-1330 avant JC
9. Serviteur funéraire d'Ipy - Nouvel Empire - XIXème - XXème dynasties, vers 1250 avant JC
10. Résille de perles (haut), Sommet de parure funéraire. Tableau de perles représentant le scarabée solaire, encadré par des piliers d'Osiris et des chiens d'Anubis couchés. Basse Epoque - XXVIIème - XXXème dynasties, vers 525 - 332 av. JC
11. Couvercle de vaseà fond blanc, avec des feuilles de nénuphar, fin XVIIIème dynastie
12. Fragment de skyphos. Le skyphos est un gobelet d'une hauteur comprise 5 à 15 centimètres très courant dans le répertoire grec et romain. Utilisé comme vase à boire et à libation, il se caractérise par une coupe large et profonde, un petit pied et deux anses insérées à mi-hauteur du corps ou sous le bord.