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La première remarque que l'on peut faire au sujet de
l'utilisation des poteries est qu'elles n'étaient
sûrement pas utilisées dans les repas, ou au moins
dans ceux des classes aisées; qui
préféraient la vaisselle de métal. En
effet, les poteries mates ne pouvaient avoir aucun usage de luxe, et
les poteries vernissées en glaçure bleu de cuivre
ne pouvaient en avoir qu'un dangereux; car cette belle
glaçure est tellement attaquable que les pièces
de nos collections ont la plupart une saveur salée lorsqu'on
les passe sur la langue. Ainsi, dans les descriptions des cuisines et
d'un repas égyptien, on cite peu de pièces de
terre cuite; cependant on parle ailleurs d'une sorte de buffet
chargé de plats et d'assiettes en poterie d'une forme
élégante. C'était probablement des
pièces à glaçure bleue qui
étaient placées comme ornements dans ces sortes
de dressoirs, ainsi qu'on le pratiquait au XVIème
siècle pour la faïence de Bernard Palissy. Mais un
usage tout particulier au pays était d'employer les vases
que l'on transportait de la Haute Égypte, où se
trouvait la fabrication de poterie la plus active, en Basse
Égypte, non pas comme lest aux bateaux, mais, au contraire,
comme soutien. Les bateliers attachaient la poterie aux radeaux qui
descendaient le Nil. Arrivés dans le Delta, ils
défaisaient ces radeaux, et les pièces creuses
qui les composaient étaient livrées à
la consommation soit de la Basse Égypte, soit des pays
européens avec lesquels les potiers de la Haute
Égypte avaient des relations de commerce
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